Le Vaucluse et ses lieux mystérieux

 


Chaque région a ses légendes, ses histoires que l’on se transmet, en famille, pour se faire peur, pour succomber à la fascination de l’inexplicable…

Le Vaucluse n’échappe pas à la règle. On vous emmène faire un petit tour d’horizon de nos mystères...

 

Le mystère de la naissance de Fontaine de Vaucluse

 

  • Visite virutelle Fontaine Vaucluse © Christoph Gerigk
  • Visite virutelle Fontaine Vaucluse © Christoph Gerigk
  • Visite virutelle Fontaine Vaucluse © Christoph Gerigk

Cette exsurgence (et non résurgence comme communément appelée), au cœur de Vallis Clausa (cette vallée close qui donnera son nom au département de Vaucluse) est la 5ème plus importante au monde.

Son gouffre profond et sombre d’où jaillissent, comme par magie, les eaux en torrents au printemps, a toujours fasciné. Lieu d’offrandes dans l’Antiquité, d’épiques combats de St Véran, évêque de Cavaillon contre le Coulobre, des amours de Pétraque et Laure, la fontaine est aussi le théâtre de la légende de la nymphe, gardienne de la fontaine, qui montra à Basile, jeune ménestrel, le secret des lieux avec les 7 diamants qui, lorsqu’on les retire du fond de la fontaine (une prairie), font jaillir les flots bouillonnants dont l’écume scintille au soleil.

Nombre de scientifiques, dont JJ Cousteau, ont exploré le gouffre pour en percer les secrets, sans y parvenir vraiment. La Fontaine conserve donc son secret, à plus de 315 m de profondeur.

Aujourd’hui, grâce à une visite virtuelle, vous pouvez, vous aussi, plonger dans ces eaux mythiques.

 

 

Le Pré fantasti à Caromb, demeure des alchimistes

 

Pre FantastiPre Fantasti

 

Des frères cardinaux bien étranges

Antoine et François Barberini, cardinaux trublions à Rome, furent exilés en 1647 en Comtat Venaissin, alors terre papale, pour y faire pénitence. Ils s’installeront à Caromb dans cette résidence hors du village 9 ans durant, ne se mêlant pas à la population locale. Qui plus est, leur fréquentation de savants intrigue, au point de leur prêter de biens étranges pratiques et faire naître la légende du Pré Fantasti.

 

Alchimistes ou savants fous...

L’on dit alors d’eux qu’ils s’adonnaient à l’alchimie, transformant les métaux en or grâce à la pierre philosophale. Pire encore, on leur prêtait la création d’un élixir de longue vie, une escroquerie à grande échelle, en vérité, qui finira par causer leur perte.
En effet, l’un des frères accusa l’autre de le spolier des fruits de leurs ventes et, en guise de réponse, il reçut une fiole de vitriol en plein visage. Il agonisa des heures durant et finit par trépasser dans d’atroces souffrances.
Le frère survivant, hanté par son crime, finit par perdre l’esprit et mourut dans la maison.

 

Un manoir encore habité ?

Pre FantastiPre Fantasti

 

Il n’en fallut pas plus pour que l’on déclare la demeure hantée. Un lieu évité avec soin par les Comtadins, en proie à la peur de voir les fantômes des frères.
Enfin, un crime commis sur ces lieux au début du XXème siècle amplifiera la crainte et cette superstition !
Aujourd’hui restauré en partie, le Pré Fantasti, entouré de ses oliviers et terrasses de pierre sèche, est à découvrir, en visite libre ou commentées avec le service patrimoine de la CoVe.

 

Les Templiers à Richerenches

 

Templiers de RicherenchesCroix templiers

 

La légende de ces chevaliers de la foi fascine, avec ces rumeurs de trésors enfouis, de cérémonies secrètes...
En Vaucluse, c’est à Richerenches, petit village de l’Enclave des Papes, que les Templiers ont écrit une page d’histoire, de 1136 à 1314, avec la mort de Jacques de Molay, Grand Maître, qui marque la fin de l’Ordre.

La Commanderie de Richerenches (dont le village actuel épouse les formes), construite dès 1136, fut la plus importante de Provence avec le titre de Préceptorie (les autres commanderies de la région étant sous ses ordres), forte de 275 membres. Ici, les Templiers valorisèrent les terres, produisant fruits et légumes, en cultivant les vignes et arbres fruitiers, disposant de cheptels de moutons et chevaux, menant une vie de soldats-fermiers au service de l’Eglise.

La Maison templière en était le plus beau et imposant bâtiment, avec une nef de 32 mètres sur 11, des contreforts reliés au sommet par des arcades. Véritable donjon, elle défendait les lieux.

Aujourd’hui, cette fabuleuse histoire se mêle avec celle de la truffe et vin, puisqu’un musée dédié à ces produits phares de la région s’est installé dans les salles voûtées de la Commanderie.

Y a-t-il un immense trésor enfoui quelque part dans les alentours ? Nul ne le sait… Une chose est sûre : pour peu qu’on ait l’âme vagabonde, on imagine, en visitant le village, qu’on marche dans les pas d’un de ces chevaliers…

 

Les sarcophages du cimetière de Mazan

 

Sarcophages MazanSarcophages Mazan

 

64. C’est le nombre de sarcophages de pierre, vestiges d’une nécropole chrétienne (Vème-VIème siècle) que l’on trouve, alignés, dans le cimetière de Mazan. La légende veut qu’ils aient été trouvés non loin de là, mais rien ne le confirme. Une autre hypothèse évoque la possibilité qu’ils aient toujours été sur le site du cimetière, la disposition actuelle datant de 1858.

Qui étaient-ils ? Chevaliers, marchands, dignitaires… La légende reste entière.

Il n’en demeure pas moins que ces sarcophages sont à découvrir, dans l’ambiance élégiaque de ce petit cimetière face au Ventoux.

 

Mur de la Peste

 

Mur de la peste Mur de la peste

 

Ce mur est le témoin des efforts mis en œuvre dans le Comtat Venaissin pour ériger un rempart sanitaire et éviter que la grande peste de Marseille de 1720, qui a ravagé une partie de la Provence, ne franchisse les frontières de ces terres papales.

Erigé dans les Monts de Vaucluse en mars 1721 sur 27 km, 50 guérites de garde postées le long du mur devaient empêcher tout passage de porteurs de la maladie.

Hélas, le mur n’eut qu’un effet symbolique et la peste fit son ouvrage, se propageant jusqu’à Orange, décimant plus de 8000 personnes en Comtat.

Aujourd’hui, c’est une très jolie balade à faire en famille au départ  du lieu-dit du Maquis du Chat (un autre mystère ?) entre Cabrières d’Aigues et Lagnes.

 

Le Dolmen de l’Ubac à Goult

 

Dolmen GoultDolmen Goult

 

De prime abord, il fait plutôt penser à un humble tertre et on se demande pourquoi on le nomme dolmen ! Ce n’est que lorsque l’on est devant que l’on aperçoit une petite ouverture souterraine qui donne sur un couloir et révèle un intérieur de grande dimension et profond sur lequel repose le dolmen.

L’histoire de cette nécropole qui a accueilli une cinquantaine de défunts remonte à -5300 ans, à l’époque du Néolothique. Ce lieu funéraire sera utilisé jusqu’en 2200-1800 avant JC, avant que le temps n’efface sa trace aux yeux des hommes. En 1994, à l’occasion d’une crue du Calavon, ce site réapparaît. Magnifiquement conservé, il fait l’objet de fouilles qui révèlent que ce dolmen est construit sur l’emplacement d’une sépulture.

Témoignage fort de l’occupation de la région par les hommes dès la préhistoire, il a fait l’objet d’un projet de valorisation et sauvegarde, avec son déplacement à l’endroit actuel, afin de le soustraire aux caprices du Calavon et ainsi permettre au public de découvrir cet édifice rare.

Ce dolmen à l’allure singulière et d’apparence simple posé au cœur du Luberon revêt un caractère particulier pour qui aime l’histoire de l’humanité et du Vaucluse, car on imagine la vie de ces hommes, lointains ancêtres qui nous ont laissé une trace de leur éphémère passage terrestre.

 

En pratique

On y accède très facilement à pied ou à vélo par la véloroute du Calavon, au départ des Beaumettes, en direction d’Apt. Il se situe environ 500 m après l’ancienne garde de Goult-Lumières, sur la droite, juste après le pont de fer qui enjambe le Calavon.