|
Les
veillées calendales
>> voir
toutes les veillées calendales
en Vaucluse
La veillée
de Noël commence par un rite, pratique mi-religieuse, mi-magique,
souvenir tenace des libations romaines : Le cachofio. Il consiste en
l’allumage rituel de la bûche de Noël. (Celle-ci est
devenue depuis une pâtisserie.) Elle doit être traditionnellement
de bois fruitier (poirier, cerisier, olivier). Avant de se mettre à table,
le plus âgé et le plus jeune de la famille présentent
la bûche devant l’âtre de la cheminée et par
trois fois arrosent la souche de vin cuit avant de la placer dans le
foyer et de l’allumer tout en chantant “Alègre, alègre,
Diéu nous alègre. Calendo vèn, tout ben vèn.
Diéu nous fague la grâci de veire l’an que vèn,
e se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens”. (“Allégresse
! allégresse ! que Dieu nous comble d’allégresse
et nous fasse la grâce de voir l’an prochain ; et si nous
ne sommes pas plus nombreux, que nous ne soyions pas moins !”)
|
 |
|
La bûche doit
brûler durant 3 jours. Le gros souper qui suit la cérémonie
du cacho-fio, est en fait un repas maigre qui permet d’attendre l’heure
de se rendre à la messe de minuit.
La façon de dresser la table est très règlementée
: trois nappes blanches
décorées de trois chandeliers symbolisant le mystère de
la Sainte Trinité et quelques branches de houx à boules rouges
pour représenter la Passion du Christ ainsi que deux coupelles contenant
le blé de Sainte-Barbe aux extrémités. Le pain calendal
marqué de la croix christique et douze plus petits pains sont au centre
en souvenir du Christ et des douze Apôtres. Un couvert supplémentaire
est toujours prévu pour le pauvre susceptible de se présenter durant
la soirée.
Le menu traditionnel est maigre. Il est accompagné du vin nouveau et sera
toujours suivi des treize desserts.
Les légumes dégustés sur la table calendale sont le chou-fleur,
le cardon, le céleri, l’artichaut, servis soit à l’huile
d'olive pressée, soit en sauce blanche ou encore accompagnés d’une
anchoïade, et ont une touche indéniable d’austérité.
Tout repas maigre implique la présence de poisson, le plat traditionnel
restant la morue séchée en raïto ou l’alose du Rhône à Avignon.
Les escargots à l’aïoli sont aussi souvent servis par la maîtresse
de maison.
L’austérité du repas est quelque peu oubliée avec
le nombre des desserts : ils sont au nombre de treize en l’honneur de Jésus
Christ et de ses apôtres. La liste peut varier selon les régions
et leurs spécialités et sont souvent préparés par
la maîtresse de maison. Elle est composée en principe de fruits
frais ramassés dans le jardin et de fruits secs dont la couleur rappelle
la robe des ordres mendiants (carmes, franciscains, dominicains, augustins).
Les Treize Desserts:
- Le nougat blanc et noir.
- La fougasse ou pompe à huile trempée dans un vin cuit,
- Les fruits confits,
- Les dattes,
- Les mandarines,
- Les “mendiants” : noix, amandes, figues sèches; noisettes,
raisin, pommes, poires et pruneaux et voire encore coings et plaquemines (kakis).
Certaines listes comprennent également le “cachat piquant” qui
est la plupart du temps composé de restes de fromages de chèvres
qui ont été rassemblés dans un bocal d’huile d’olive
aromatisée.
Selon les régions, on trouvera égale-ment les croquants aux amandes,
les pralines, les bugnes ou autres “douceurs” locales. La bûche
de Noël est apparue sur la table calendale depuis plusieurs décennies
en souvenir de la cérémonie du cacho-fio. Plus tard, au retour
de la messe de minuit, afin de se ragaillardir, on dégustera le “sauvo-crestian” (sauve
chrétien), des grains de raisins muscats macérés dans l’eau
de vie, le ratafia de cerises ou la carthagène (vin préparé à base
d’eau de vie) le tout ayant été souvent préparé dans
la cave du maître de maison.
|
 |