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On peint à la gouache les couleurs les plus claires, donc le visage, puis
les plus foncées. Il existe, en gros, 3 tailles de santon : le santon
puce haut de
1 à 3 cm environ, le santon traditionnel de la hauteur d’un pouce
et le grand santon qui peut atteindre dix-huit à vingt centimètres.
Certains d’entre eux peuvent être habillés. Ils sont alors
généralement de grande taille (jusqu’à 50 cm).
Les personnages sont sculptés en référence à la pastorale
Maurel,
certaines localités rajoutent des
personnages, en fonction de leur histoire.
Chaque santonnier a, en fait, créé quelques types en s’inspirant
du folklore et de la tradition, comme le berger offrant l’agneau, rappel
du pastrage, et la femme à la poule noire dont le bouillon était
recommandé pour rendre leurs forces aux jeunes accouchées.
Ainsi, on retrouvera parmi ces silhouettes tous les petits métiers du
siècle dernier, en tout une cinquantaine aux noms tellement évocateurs
!
Jugez plutôt :
- Roustido, la sympathique bourgeoise au parapluie rouge tenu par son mari.
- Bartomiou, incorrigible ivrogne, coiffé d’un long bonnet de coton
qui présente à l’Enfant Jésus une morue plate et sèche.
- Pistachié, le grand dadais qui conduit un âne chargé de
sacs de blé.
- Lou Ravi, qui lève les bras au ciel, en signe d’admiration, mais
aussi le boulanger et son panier de fougasses, la marchande d’ail, la poissonnière,
les valets de ferme portant lanternes, le pêcheur et son filet sur l’épaule,
les boumians (gitans), la vieille à la calen (lampe à huile romaine),
les adorants (personnages à genoux),
l’aveugle conduit par son fils, le chasseur, le rémouleur, le tambourinaïre,
etc.
Les animaux domestiques sont tous
présents également en grand nombre, outre l’âne et
le bœuf qui veillent sur l’enfant-roi, on trouve aussi les moutons
et les chèvres, les chiens, les poules et les chevaux des gardians, le
chameau des rois, l’ours du boumian, les pigeons sur le toit en compagnie
du coq qui réveille les habitants du village pour aider l’ange Bouffareù avec
sa trompette, mais un seul en est à jamais banni : le chat. Associé aux
pratiques de sorcellerie il aurait été interdit de crèche
par Saint François d’Assise, nous dit la légende. Une autre
légende prétend même que pour inaugurer un nouveau four,
le santonnier met à cuire un chat d’argile jusqu’à ce
qu’il casse. Le mauvais sort est ainsi conjuré.
Tous ces personnages sont regroupés autour de la Sainte Famille et des
trois Rois Mages mis en place seulement le 6 janvier. Le santon est un phénomène
purement provençal qui s’intègre totalement dans les traditions
calendales ; naïves et drôles, familières mais dignes, ces
petites figurines font depuis longtemps la joie des enfants de Provence avant
d’intriguer, puis d’attendrir les adultes.
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